Le karité est un arbre qui pousse exclusivement en Afrique dans les savanes arborées de la région sahélienne.
Il n'a jamais pu faire l'objet d'une culture organisée à ce jour. Pour bien se développer, il a besoin de certaines conditions écologiques. Parmi celles-ci, on peut citer notamment une pluviométrie importante (1000 mm/an). C'est un facteur déterminant pour le niveau de rendement. L'existence de deux saisons, une sèche et une humide, bien distinctes au long de l'année constitue une condition nécessaire à sa croissance. Le karité est un arbre qui s'acclimate assez bien aux sols pauvres et aux environnements secs.
Il existe en fait deux variétés principales de karité :
- La première "Vitellaria paradoxa" pousse principalement en Afrique de l'Ouest, alors que
- la seconde : "Vitellaria nilotica" est essentiellement produite dans le nord de l'Ouganda et dans le sud du Soudan.
Le karité demande un certain temps avant de commencer à produire. Les premiers fruits apparaissent lors de la quinzième année, mais la pleine maturité de l'arbre n'est atteinte qu'à partir de la vint-cinquième année. Une fois cette date passée, l'arbre peut produire pendant près de deux siècles.
Lorsque les terres sont défrichées pour être cultivées, les arbres adultes sont préservés. Ils font ainsi partie intégrante du système agricole. Depuis des millénaires, l’arbre de karité fait l’objet d’une sélection, sur la base de critères localement appréciés comme la saveur sucrée du fruit, le rendement total récoltable, la santé de l’arbre, la réduction de la concurrence avec les cultures annuelles, etc. L’arbre de karité peut donc être qualifié de «semi domestiqué».
Une campagne commence par l'éclosion des fleurs, en tout début d'année, entre les mois de décembre et de mars. Ces fleurs sont de couleur brune et dégagent un parfum prononcé. Cinq mois plus tard apparaissent les premiers fruits. La récolte se fera pendant la période des pluies, entre les mois de juin et de septembre. Cette tâche est un travail essentiellement féminin qui demande beaucoup de rapidité, ainsi qu'une grande attention afin de ne pas risquer d'endommager les fruits (un terme plus approprié que celui de récolte serait d'ailleurs ramassage). En effet seuls les fruits tombés au sol sont recueillis car ils ont atteint leur pleine maturité et donneront, par conséquent, un taux plus élevé en graisse. Ce sont les femmes également qui préparent le beurre de karité à partir des noix ramassées. Elles les concassent, puis les cuisent dans l'eau bouillante et finalement les malaxent et les façonnent sous forme de boules.
Pour davantage d'informations concernant la transformation des amandes de karité en beurre, consulter les parties filière et technologie de cette fiche.
Traditionnellement, on estime qu'un arbre à karité donne entre douze et quinze kilos de noix sèches par an.
Une fois traitées de manière artisanale ou industrielle, les amandes fournissent entre trois et quatre kilos de matières grasses qui donneront après traitement entre un et deux kilos de beurre de karité. Cependant ces chiffres sont sujet à de très fortes variations suivant le lieu et l'année de production.
Actuellement, le secteur du karité est un marché de niche, notamment du fait de l'absence de culture à proprement parler. Toutefois, cela pourrait changer à l'avenir notamment sous l'effet :
- de la Directive européenne "cacao et chocolat" adoptée le 3 août 2000 et qui autorise le recours à 5% de matières grasses végétales autres que le beurre de cacao,
- de la recherche menée par quelques pays et organismes internationaux aussi bien publics que privés quant à la possibilité de développer la culture du karité.
Les données statistiques relatives au karité sont difficiles à obtenir et les informations contenues dans cette fiche ne sont fournies qu'à titre d'illustration pour indiquer un ordre de grandeur. A titre d'exemple, l'Organisation des nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) ne couvre pour ce produit que sept pays sur un total de dix-sept.
Evolution des rendements mondiaux de noix de karité
entre 1961-2010 (en Hg/ha)
Source : Secrétariat de la CNUCED d'après les données statistiques de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO)
Sur le long terme, le rendement moyen de la noix de karité est resté stable autour de 1,9 t/ha (19000 Hg/ha). Cette grande stabilité s’explique par le type de culture, une noix qui se cueille à partir d’une espèce sauvage. Le Nigeria, dont les rendements sont plus faibles, pèse sur ce rendement moyen, d’autant qu’il dispose des plus grandes superficies (environ 60% du total des terres recouvertes par le karité en Afrique).
Pour les autres pays, les rendements plus élevés tournent autour de 2,5 t/ha. Cependant, depuis 1995, une plus forte variabilité dans les rendements est observée, mais aussi un rapprochement vers la moyenne, avec une hausse des rendements au Nigeria et à l’inverse une petite tendance à la baisse pour les autres pays producteurs. Seul le Togo reste sur une nette augmentation de ces rendements qui sont passés de 2,5 t/ha en 1995 à 4 en 2000 puis 3,8 en 2002 et 3 en 2006 et 3,5 en 2010.
La cause principale de destruction des récoltes de karité : les feux de brousse
Faisant partie intégrante de la savane africaine, le karité souffre en plus des ravageurs habituels que sont les insectes et certaines maladies, d'une pratique courante sur ce continent que sont les feux de brousse.
Ceux-ci représentent la première cause de destruction des récoltes.
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Les feux de brousse sont un phénomène ancestral en Afrique. "Allumé pour la chasse il y a déjà 100 000 ans (Ramade, 1978), puis ultérieurement pour l'extension des aires d'élevage, les feux de brousse africains remontent comme l'admet Schnell (1952), au moins au début du néolithique, il y a quelque 6 000 ans. |
Le feu a également été couramment utilisé au cours des guerres et permettait d'appliquer la politique de la terre brûlée, de retarder l'avance de l'ennemi ou protéger le repli des combattants ou la fuite des vaincus." (Contrôle et utilisation du feu en zones arides et subhumides africaines - Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture).
De nos jours, on estime que la grande majorité des incendies sont dus à l'intervention humaine. A l'intérieur de cette catégorie, on distingue les feux allumés pour des motifs économiques, religieux et coutumiers. Les feux de brousse permettent par exemple d'obtenir des terres arables plus rapidement ou des repousses d'herbes fraîches qui fourniront de nouveaux pâturages pour le bétail. Les incendies font également fuir des animaux ou insectes qui pourraient être nuisibles tant aux hommes qu'au bétail ou aux cultures. Ils existent également des incendies d'origine criminelle qui représentent environ un feu sur dix.
Même s'il existe aujourd'hui une certaine prise de conscience sur le continent, les superficies de forêts et de savanes dévastées chaque année par les incendies restent encore très importantes. Le Secrétariat de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification nous indique dans un rapport de 1993, que dans la région du Sahel, les feux de forêt constituent une des causes principales de la désertification.
Pour de plus amples informations sur ce sujet, se reporter à l'étude rédigée par André Schmitz pour le compte de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture intitulée : "Contrôle et utilisation du feu en zones arides et subhumides africaines"