Filière

L'étude de la filière "thé" pose une problématique particulière. En effet, le nombre de pays producteurs, de régions et de types d'exploitation la rendent assez complexe. Toutefois, quelques points essentiels peuvent être dégagés.

Au début de ce nouveau millénaire, la majeure partie des lieux de production se situe soit entre les mains de petits propriétaires exploitants (très nombreux), soit entre celles d'entreprises multinationales ou transnationales.

 

Comme c'est le cas pour beaucoup de matières premières, il existe une très forte concentration dans cette industrie, d'une part verticale par l'intégration de tous les maillonts de la chaîne de la production à la commercialisation (acquisition de jardins, rachat ou création de joint-ventures avec des entreprises du pays spécialisées dans la transformation et l'embouteillement) , et d'autre part horizontale par l'intermédiaire d'associations d'entreprises sous la forme de fusion ou d'absorption. On peut citer par exemple :

  • Unilever rachète Elephant en 1972 (marque indépendante née en 1896),
  • Brooke Bond par Unilever au milieu des années 80
  • Unilever rachète thé Lyons Irish Holding (1996)

La concentration est très forte dans ce secteur. Sur les 4 grandes entreprises de transformation qui existent dans les pays en développement, seule "Tata Tea", est une filiale d'une multinationale originaire d'un pays producteur. En effet, Nestlé exploite une installation en Inde, Unilever, une au Sri Lanka et James Finlay une au Kenya.

 

La répartition des tâches au sein de la filière "thé" se fait de manière traditionnelle, selon un modèle très simple. La production et le traitement se déroulent dans les pays producteurs (c'est une nécessité car les feuilles doivent être transformées sous 24 heures), alors que le mélange, le conditionnement et la publicité, donc les activités les plus rentables de la chaîne se déroulent dans les pays consommateurs. Toutefois, depuis une dizaine d'années, certains pays tels que la Chine et le Japon ont décidé de s'intéresser à la production de produits finis et à leur exportation.

 

En occident, la majeure partie du thé est consommé en vrac et sous forme de mélange. Les transformateurs dans les pays consommateurs utilisent des matières premières de différentes origines afin de pouvoir répondre à la diversité des goûts des consommateurs et d'être capable de proposer un produit de qualité homogène sur le long terme. C'est là un obstacle pour les transformateurs dans les régions d'origine qui ne peuvent souvent utiliser que les matières premières locales.


Dernière mise-à-jour le 05/04/2011