Prix


De par sa structure atypique caractérisée par l'importance des accords préférentiels, la formation des prix du sucre n'est en rien comparable à celle des autres produits de base.

 

Système de formation des prix du sucre dans la filière internationale

Source : Secrétariat de la CNUCED

 

La formation des prix est en effet fortement influencée par les régimes spéciaux et les arrangements préférentiels. Dans ce cadre, les prix sont généralement fixés à l'avance et ne varient pas au cours de l'année. Pour les bénéficiaires (pays ACP) du protocole sucre (accords de Cotonou), un quota à l'exportation vers l'Union européenne leur est accordé avec un prix préférentiel fixe dérivé des cours de soutien payés aux producteurs européens. Une situation similaire existe pour les pays jouissant des régimes de contingentement avec les Etats-Unis, à la différence près que les prix préférentiels octroyés sont variables et suivent le contrat à terme sur les sucres bruts n° 14 (négocié au NYBOT).


 


Un exemple de régimes spéciaux : le cas de l'Union européenne

Sur le marché domestique de l'Union européenne par exemple, la formation des prix est influencée par l'organisation commune du marché du sucre qui isole les cours communautaires des prix internationaux pour la production domestique sous quotas.

 

Système de formation des prix du sucre dans l'Union européenne

Source : Secrétariat de la CNUCED

 

Dans ce cadre, une série de mesures a été retenue, comprenant entre autre:

 un prix d'intervention d'achat du sucre pouvant être assimilé à un filet de sécurité garantissant un cours minimum aux acteurs communautaires. Ce mécanisme détermine un niveau plancher auquel les organismes d'intervention doivent acquérir le sucre éligible sur le marché domestique. Ce niveau est gelé depuis le début des années 1990 et correspond à 631.90 € par tonne de sucre blanc et à 523.70 € par tonne de sucre brut. Depuis sa création le niveau d'intervention s'est généralement situé au-dessous des cours du marché communautaire. Le mécanisme d'intervention n'a en effet été activé que dans les premières années d'existence (dans les années 1960). Depuis le milieu des années 1970, il n'a été utilisé qu'une seule fois, en 1986, pour l'achat de 15000 tonnes de sucre.

 

un prix minimal d'achat de betterave s'entendant comme un niveau de prix fixé à l'avance auquel les sucreries sont obligées d'acheter les betteraves aux planteurs lorsque les cours chutent en dessous de ce seuil. Le prix minimal est fonction du prix de base qui a été calculé en retenant un coefficient de transformation de 0.13 (correspondant à la transformation de 7.7 tonnes de betteraves nécessaires pour produire une tonne de sucre) pour la part allouée aux producteurs. Cette part correspond à un objectif politique qui à pour but d'établir une répartition à hauteur de 58% pour les betteraviers et 42% pour les industriels des prix d'intervention pour le sucre. Seuls les quotas A et B (voir définition dans partie "politiques économiques") sont éligibles pour être commercialisés sur le marché européen et peuvent recevoir les prix garantis par l'Union. Aux quotas A et B est appliqué un prix minimal de la betterave qui représente 46,72 € la tonne pour le quota A et 32,42 € la tonne pour le quota B.

 

les prix dérivés pour le prix d'intervention du sucre blanc correspondent à une prime de régionalisation transférée aux producteurs de betteraves (à la charge des fabricants de sucre) à ajouter au prix minimum de la betterave. Ces prix sont établit chaque année par la commission pour les "zones déficitaires" de l'Union européenne.

 

Les niveaux de prix susmentionnés n'ont pas été modifiés depuis la campagne 1993/94 et restent fixés jusqu'à la fin de la campagne 2005/2006. Pour de plus amples informations, se référer au document de la commission européennel"OCM dans le secteur du sucre".

 

 

 

Le marché libre est quant à lui relativement étroit, (il représente moins d'un tiers du sucre négocié), rendant la fluctuation des prix internationaux d'autant plus aléatoire (pour de plus amples informations, se référer à la partie instabilité ci-dessous).

 

L'association mondiale des producteurs de betteraves et de canne à sucre (AMPBCS) a mené une enquête en 2003 afin de mettre en place un système d'information sur les prix (ainsi que sur la teneur en sucre, le transport des betteraves et des cannes à sucre, etc.) payés aux planteurs de betteraves et de canne à sucre et sur les prix payés par les consommateurs. Le tableau ci-contre résume les réponses reçues en 2003 provenant de quinze pays producteurs (huit de betterave et sept de canne) :

 

Prix par tonne payé au producteur

Prix au détail par tonne

Côut de transport assumé par

France 36.00 € (16% de sucrose) 1200 € (granulé)
1360 € (cubes)
fabricant
Belgique 43.68 € (16% de sucrose) 980 € (granulé) fabricant
Hollande 55.00 € (16% de sucrose) 770 € à 940 € (granulé)
Allemagne 890 € (granulé)
Espagne 49.87 € 960 € planteur
Irlande 50.00 € (16% de sucrose) 1000 € à 1050€ (granulé) planteur
Roumanie 28.97 € (16% de sucrose) 400 € à 429 € (granulé) fabricant
Etats-Unis 38.00 $ US 660 $ US à 690 $US (granulé) fabricant
Australie 25.61 $ (Aus) = 15 $ US 1100 $ (Aus) = 647 $US fabricant
Afrique du Sud 16.00 $ US 400.00 $US planteur
Swaziland 17.00 $US 400.00 $US planteur
Maurice 42.00 $US 172.00 $US planteur
Colombie 14.00 $US 380.00 $US planteur
Fidji 60.80 $ (Fid) = 28 $US 620 $ (Fid) = 230 $US usinier
Kenya 2015 (Ken sh) = 25 $US 44000 (Ken sh)= 542 $US planteur

Légende : pays producteurs de betteraves et pays producteurs de canne

Source: Bulletin Mondial des Betteraviers et des Planteurs de Canne à Sucre, N°1, Mars 2003


 

Évolution des prix et analyse historique

Evolution comparée des prix du sucre en US cents/lb et du pétrole en dollars/baril (origine ports des Caraïbes) entre janvier 1960 et décembre 2005

Source : Secrétariat de la CNUCED, d'après les données statistiques du Bulletin mensuel des prix

 

Les accords internationaux sur le sucre renfermant des clauses économiques se sont succédés de 1937 à 1984. Toutefois les dispositions qui prévoyaient la mise en place d'une bande de fluctuation du prix du sucre (3,50 cents/lb à 5,25 cents/lb) n'a pas permis d'éviter les deux grandes crises intervenues sur ce marché en 1975 et au début des années 1980. Cette situation s'explique en partie du fait des moyens mis en place dans le but de contrôler les prix qui étaient principalement basés sur une politique de gestion des quotas d'exportation et qui tendait à réagir avec un effet/retard par rapport aux chocs en introduisant des effets pro-cycliques.

 

Pour expliquer la première flambée des prix, il convient de rappeler qu'en 1972, le niveau de la production mondiale de sucre était faible comparé aux années précédentes, notamment du fait de la baisse conjuguée des productions cubaine et soviétique. Cette situation a incité les acheteurs à puiser dans les stocks de sucre afin de satisfaire leurs besoins et a, par conséquent, entraîné une augmentation des prix (cette année là, les prix ont atteint 7,27cents/lb alors que le prix plafond autorisé dans le cadre de l'Accord international sur le sucre était de 5,25 cents/lb).

 

Les chocs pétroliers de 1973 et 1979, outre l'influence des fondamentaux, ont eu un impact majeur sur la majorité des marchés des produits de base, y inclus celui du sucre. Cette interpénétration des marchés s'explique en partie par l'objet même du pétrole et son caractère indispensable notamment en matière de transport. Ceci explique que la volatilité des cours du pétrole ait contaminé d'autres marchés, notamment celui du sucre qui a enregistré une forte instabilité de ses prix entre novembre 1973 et novembre de l'année suivante (454% d'augmentation passant ainsi de 10,14 cents la livre à 56,14 cents la livre). Dans le même temps, les prix du pétrole progressaient de l'ordre de 220% passant ainsi de 3,3 dollars par baril à 10,57 dollars par baril au cours de la même période. Si les facteurs précités ont certainement influencé la hausse du prix du sucre en 1973, ils n'expliquent pas intégralement l'ampleur de celle-ci. Un deuxième élément, basé sur une variable humaine peut être à l'origine de l'amplification du phénomène : il s'agit de l'effet de pénurie. En cas de hausse importante, comme celles connues en 1973 et 1978, les ménages se ruent en général sur les stocks de denrées de première nécessité (sucre, farine, huile...), déclenchant ainsi une situation de pénurie et par conséquent une hausse des prix des denrées précitées. Des positions spéculatives et des anticipations importantes concernant la réussite ou l'échec du plan Proálcool au Brésil ont également constituté un facteur pouvant expliquer l'ampleur des crises du sucre jusqu'à la fin des années 1970.

 

Le maintien de la tension sur le marché international du sucre s'est prolongé en raison de plusieurs facteurs ayant trait à l'offre et à la demande. En effet, d'une part le niveau artificiellement élevé des prix a attiré sur ce marché de nouveaux pays producteurs ; ce qui a eu pour conséquence d'augmenter l'offre de sucre. D'autre part , l'émergence de substituts a eu tendance à réduire la consommation. C'est par exemple le cas dans le domaine des boissons non alcoolisées où le sucre est fortement concurrencé par les édulcorants (à l'orée du nouveau millénaire la plus grande partie des boissons sont produites à partir de ces nouveaux agents sucrants). A l'inverse, la mise en place de politiques innovantes dont l'exemple le plus parlant est le plan Proálcool du Brésil de la fin 1975 tend à soutenir les cours du sucre. Celui-ci est d'autant plus important qu'il ne s'agissait aucunement d'un "coup" politique en réponse à la crise pétrolière de 1973, mais d'une stratégie à long terme du gouvernement brésilien qui visait à remplacer un jour le carburant traditionnel des véhicules automobiles par de l'éthanol (énergie produite à partir de sucre de canne : voir partie "technologie" et "utilisations" de cette fiche). Pour pouvoir mener à bien ce projet, le Brésil a dû tripler la superficie des terres consacrées à la canne à sucre. A l'orée 2000, 55% du parc automobile brésilien fonctionne à l'éthanol pur et 45% avec un mélange d'essence et d'éthanol.

 

La seconde hausse du sucre de 1980 est moins prononcée que celle de 1973. Les prix du sucre ont été multipliés par 4,6 d'août 1979 à octobre 1980 passant ainsi de 8,85 cents/livre à 40,55 cents/livres en l'espace de 14 mois. Ils sont ensuite redescendus à 5,77 cents par livre en septembre 1982. Cette seconde hausse trouve son origine dans les mêmes causes que la première :

  • production cubaine de canne à sucre et soviétique de betteraves sucrières faible comparée aux prévisions et aux années antérieures :

URSS

Cuba

1977

93.1

60.4

1978

93.5

69.7

1979

76.2

77.3

1980

81.0

64.0

1981

60.8

66.7

1982

71.4

73.1

1983

81.8

69.7

1984

85.4

77.4

1985

82.4

67.4

 

Les années 1990 ont marqué une période d'accalmie sur le marché du sucre.

 

En effet, au cours de cette décennie la volatilité des prix* n'a été que de 17% contre 47% pour la période 1960-1970, 60% pour 1970-1980 ou même 46,5% au cours des années 1980. Le prix du sucre s'est élevé en moyenne à 10,4 cents/livre entre janvier 1990 et décembre 1999 enregistrant son cours le plus élevé en début de période, en mars 1990 avec 15,36 cents/livre et le plus bas, en fin de période, à 5,38 cents/livre en juillet 1999. Cette relative stabilité s'explique principalement par l'importante élasticité prix de la demande au cours de cette période. Depuis le début du nouveau millénaire, les prix du sucre ont chuté pour se situer en dessous de 8 cents/lb (moyenne sur la période 2000-2005), contre plus de 10 cents/lb les trois décennies précédentes.

 

Source : Secrétariat de la CNUCED, d'après les données statistiques du Bulletin mensuel des prix

Le niveau de l'offre et de la demande et par conséquent celui des stocks est souvent un élément déterminant dans le secteur des produits de base. Dans le cas du sucre, il prend une importance stratégique prépondérante notamment du fait du soutien institutionnel accordé à l'industrie sucrière depuis plusieurs décennies. Depuis 1995, les stocks ont gonflé de manière importante : de 60,5 millions de tonnes en 1997, ils ont augmenté de plus de 25% en l'espace de quatre années, atteignant ainsi 74 millions de tonnes en 2001, ce qui explique la tendance à la baisse des prix pendant cette période.

 

____________________________

* Volatilité ou indice d'instabilité

La volatilité des prix est ici représentée par le pourcentage de déviation des variables par rapport à la ligne de tendance exponentielle pour une période donnée. Cet indice d'instabilité est calculé selon :

où Y(t) est la valeur observée de la variable
     y(t) est la valeur estimée par ajustement à la tendance exponentielle des valeurs observées et
     n est le nombre d'observations.

 

 

Concernant le sucre, deux Bourses sont utilisées comme référence internationale :

Pour accéder aux différents contrats à terme et d'option sur le sucre, cliquer ici.

 

 Achat et vente de sucre via internet

 

 Liens sur les prix du sucre

 

Prix à terme

http://www.crbtrader.comLe site web du Commodity Research Bureau Exchange fournit les prix en temps réels ainsi que des données historiques sur les contrats à terme et les options des principales bourses. Ce service est payant.

http://www.nybot.comLes contrats à terme sur le sucre brut (n°11) sont traités sur le New York Board of Trade. Sur ce site web, vous trouverez les cotations de prix actuels, des graphiques et des données historiques entre 1980 et 1998, sous format Excel, pouvant être téléchargés aisément.

http://www.liffe.com
Les contrats à terme sur le sucre blanc sont traités sur le London International Financial Futures and Options Exchange. Ce site web fournit des informations actualisées sur les contrats à terme et les options portant sur le sucre, ainsi que des informations générales sur le marché.

http://www.bmf.com.br/IndexEnglish.aspLe Bolsa de Mercadorias y Futuros (BM&F) au Brésil fournit des informations sur les spécifications des contrats à terme et options sur le sucre raffiné (crystal sugar), ainsi que des prix journaliers et des graphiques.

http://www.sce-bg.com/eng/index.htmLe site web du Sofia Commodity Exchange publie un bulletin hebdomadaire incluant les prix sur le sucre blanc.

http://www.tge.or.jp/english/index.shtmlCe site web Tokyo Grain Exchange (TGE) fournit des informations sur les prix du sucre brut, des graphiques, des données historiques. Des rapports journaliers et mensuels sont également disponibles.

 

Information complémentaire sur les prix

Le bulletin des prix des produits de base publié par la CNUCED fournit une moyenne mensuelle des prix du sucre (f.a.b. ports des Caraïbes en vrac).

http://www.sugarinfo.co.uk/Sugar Online.com est une source importante d'information de marché. Par ailleurs, des rapports sur le sucre sont disponibles.

http://www.alaron.com/home.htmAlaron Trading fournit des prix journaliers et à terme des différents contrats qui existent sur le sucre. Une information en temps réel nécessite une souscription au site. Néanmoins des données différées sont disponibles gratuitement.

http://www.reuters.com
Le site web du Reuters fournit les dernières nouvelles sur le marché des matières premières, incluant les prix.

http://www.bloomberg.com/markets/commodities/cfutures.htmlBloomberg fournit des informations sur les contrats à terme sur le sucre cotés à Londres et New York, ainsi que des analyses sur le marché

http://www.cirad.fr/publications/documents/produitstrop/sommaire.htmlEn français, le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD) produit des tables statistiques avec les tendances de prix sur les marchés internationaux et ce, sur une base annuelle, pour de nombreux produits agricoles tropicaux. Les années 1997 et 1998 sont disponibles pour le sucre.

http://www.worldbank.org/prospects/pinksheets/ (suivre ensuite "Data & Research", puis dans le menu déroulant "prospects", sélectionner "Commodity Price Data")
La Banque Mondiale fournit (sous format html et acrobat) des données sur les prix du sucre. La pink sheet de chaque mois contient les données du mois précédent.

E-sugarindia.com Ltd

 

Prix au niveau domestique

http://www.fas.usda.gov/commodities.aspUSDA Foreign Agricultural Service fournit des rapports réguliers sur le sucre, en incluant les prix.

http://www.cepea.esalq.usp.br Les prix au Brésil peuvent y être consulté en cliquant sur "indicadores de precos" puis sur "Acucar".

http://www.sagarpa.gob.mx Les prix mexicains et d'autres informations sur le sucre comme la production, peuvent y être consultés à condition de s'enregistrer.

http://www.agriculture.com/markets/Agriculture Online.com fournit des informations sur les marchés agricoles. De plus, à travers un lien vers USDA, les prix du sucre sont disponibles.

http://www.ams.usda.gov/marketnews.htmUSDA AMS Market News Service fournit des rapports journaliers et hebdomadaires sur les prix du sucre aux Etats-Unis.

http://usda.mannlib.cornell.edu/usda/usda.htmlUSDA Economics and Statistics System contient des séries historiques de prix domestiques, dont les prix payés aux agriculteurs américains.

http://www.indiancommodities.com/Indian Commodities fournit les prix actualisés du sucre de plusieurs origine en Inde. Un rapport quotidien concernant la semaine écoulée est également disponible. L'inscription auprès du site est nécessaire.

http://apps.fao.org/Les bases statistiques de l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture permettent aux utilisateurs d'obtenir pays par pays les prix annuels moyens domestiques (en devise nationale) pour un certain nombre de pays.

 

 

Last updated on 3/28/2011